Précisément parce qu'il voulait paraître à son aise et tel qu'il était tous les jours, il trahit plusieurs fois son trouble et sa préoccupation.

--Décidément tu as quelque chose, dit madame Barincq.

--Où vois-tu cela?

--Est-ce vrai, Anie? demanda la mère en invoquant comme toujours le témoignage de sa fille.

Au lieu de répondre, Anie montra d'un coup d'œil les domestiques qui servaient à table, et madame Barincq comprit que si son mari avait vraiment quelque chose comme elle croyait, il ne parlerait pas devant eux.

Mais, lorsqu'en quittant la table on alla s'asseoir dans le jardin sous un berceau de rosiers, où tous les soirs on avait coutume de prendre le frais en regardant le spectacle toujours nouveau du soleil couchant avec ses effets de lumière et d'ombres sur les sommets lointains, elle revint à son idée.

--Parleras-tu, maintenant que personne n'est là pour nous entendre?

--Que veux-tu que je dise?

--Ce qui te préoccupe et t'assombrit.

--Rien ne me préoccupe.