--Si le baron ne te plaît pas, et si au contraire le capitaine te plaît, il y a d'autre part tant d'avantage à ce que ton mariage avec le capitaine se fasse, que nous devons nous unir pour qu'il réussisse.
--Mais je ne peux pas lui demander de m'épouser.
--Il ne s'agit pas de cela. Ce qu'il faut avant tout, c'est que tu refuses M. d'Arjuzanx.
--C'est facile et j'y suis toute disposée. Je n'ai accepté ces entrevues que pour t'obéir. Tu veux maintenant que nous les supprimions, je t'obéis encore bien plus volontiers. Quoi qu'il arrive, je ne regretterai point M. d'Arjuzanx. Je n'ai pour lui ni antipathie ni répulsion; il m'est indifférent, voilà tout; et ce n'est vraiment pas assez pour l'épouser: ami, oui; mari, non. De son côté, ce que tu désires est donc fait. Seulement, je serais curieuse de savoir pourquoi tu le voulais pour gendre il y a un mois, et pourquoi tu ne le veux plus aujourd'hui.
Il resta un moment assez embarrassé.
--N'était-il pas alors ce qu'il est encore? et du côté du capitaine as-tu appris des choses qui te le montrent sous un jour plus favorable?
Il avait eu le temps de se remettre:
--J'ai à plusieurs reprises entendu parler de M. d'Arjuzanx d'une façon qui ne m'a pas plu.
--Que disait-on?
--Rien de précis; mais c'est justement le vague de ces propos qui fait mon inquiétude. Quant au capitaine, j'ai au contraire appris à le connaître sous un jour qui a singulièrement augmenté ma sympathie pour lui et l'a transformée en une estime sérieuse.