En entendant ces quelques paroles Pédebidou se leva vivement et, venant à lui, il l'embrassa:

--Fais préparer les traites, dit Barincq se méprenant sur les causes de cette émotion.

--Tu ne sauras jamais combien ta générosité me touche, mais il est trop tard, mon pauvre ami, je ne peux accepter ta signature.

--Tu me refuses! dit Barincq.

--Hier, je pouvais te la demander parce que j'étais certain que ton argent ne courrait aucun risque; aujourd'hui que je sais qu'il serait perdu je ne peux pas te le prendre; je viens d'apprendre de nouvelles faillites, c'est fini pour moi.

Malgré le chagrin que lui causait cette nouvelle, Barincq eut l'humiliation de sentir que d'un autre côté il éprouvait un soulagement.

--Mon pauvre ami, dit-il, mon pauvre ami!

Et pendant quelques instants ils s'entretinrent de ce désastre.

Mais, quand Barincq fut dans la rue, il eut la stupeur de reconnaître qu'une fois encore il était bien le mauvais riche qu'avait dit son cousin.

Il ne le serait pas plus longtemps.