III
Il fallait donc que le testament fût remis à Sixte et que la fortune qu'il lui léguait passât tout entière entre ses mains.
Son repos, sa dignité, son honnêteté, le voulaient ainsi.
D'ailleurs pas si héroïque qu'elle paraissait au premier abord, cette restitution; que la fortune de Gaston restât entre ses mains, ou passât entre celles de son gendre, ce serait toujours Anie qui en profiterait, car Sixte, droit et sage tel qu'il le connaissait, était incapable de la gaspiller ou d'en mal user.
Pour accomplir cette remise du testament, une difficulté se présentait devant laquelle il resta embarrassé un certain temps.
Le mieux assurément serait que Sixte le trouvât, par hasard, dans le bureau de Gaston, comme lui-même l'avait trouvé; mais pour cela il fallait commencer par l'introduire dans ce bureau; et, comme il n'en avait plus la clé, ce moyen n'était pas praticable, et il dut recourir à un autre plus simple encore.
Un dimanche soir que Sixte repartait en voiture avec Anie pour Bayonne, il lui remit une liasse de papiers en prenant un air aussi indifférent qu'il pût.
--Qu'est-ce que tu veux que nous fassions de cela, papa? demanda-t-elle.
--Cela ne te regarde pas: ce sont des papiers qui concernent Sixte et qu'il aura intérêt à lire, je pense un jour de loisir.