Anie s'était levée.
— Tu ne t'en vas pas ?
— Pourquoi m'en irais je ?
— Pour que le baron ne te surprenne pas dans cette tenue.
— Crois-tu que si j'avais souci de ma tenue je travaillerais avec tes faneurs ?
Des brins de foin étaient accrochés à ses cheveux ainsi qu'à sa blouse de toile bleue ; elle ne prit même pas la peine de les enlever.
Quand les paroles de politesses eurent été échangées avec le baron, tout le monde se rassit sur l'herbe.
— Me pardonnez-vous de vous déranger ainsi ? dit d'Arjuzanx.
— Mais vous ne nous dérangez nullement ; les bras de ma fille pas plus que les miens ne sont indispensables à la rentrée de nos foins.
— Au moins s'y emploient-ils.