— N'es-tu pour rien dans cette rupture ?

— J'arrangerai les choses de façon à porter ma part de responsabilité.

— Fais-la légère pour toi, plus grosse pour moi, ce ne sera que justice. Mais ce que je voudrais encore, ce serait qu'au lieu d'aller trouver M. Rébénacq et d'écrire ensuite à M. d'Arjuzanx, tu commences par cette lettre. Je connais assez M. Sixte pour être certaine qu'il ne consentirait pas à entrer en rivalité avec un ami. S'il est sensible à l'ouverture de M. Rébénacq, ce ne sera certainement que quand il aura la preuve que cet ami a été refusé.

— Tu as raison ; j'écris tout de suite au baron et demain seulement j'irai voir Rébénacq.

— Et maman ! tu es d'accord avec elle ?

— Je compte sur toi.

— Tu sais qu'elle trouve toutes les qualités à M. d'Arjuzanx : la naissance, la distinction, la beauté, et bien d'autres choses encore, sans parler de sa fortune qui ne peut pas être comparée à celle de M. Sixte.

— Ta mère ne veut que ton bonheur ; quand elle sera convaincue que tu n'aimeras jamais M. d'Arjuzanx, elle cédera.

— Enfin, je ferai ce que tu veux, mais si nous partageons les responsabilités, partageons aussi les difficultés : que j'amène maman à accepter ta rupture d'un mariage qu'elle souhaite si ardemment, toi, de ton côté, amène-la à accepter celui que tu désires.

— Et toi, ne le désires-tu pas aussi ?