Ils arrivaient au chemin de fer.
— C'est égal, dit Barincq, pour un homme qui toute sa vie n'a pensé qu'au bonheur des siens, j'ai bien mal fait leurs affaires et les miennes.
— Et maintenant ?
— Maintenant, il ne nous reste qu'à vendre Ourteau.
— Mais à cette saison, dans ces conditions, ce sera un désastre.
— Eh bien, ce sera un désastre.
— Mon pauvre ami !
— Oui, le sacrifice sera dur ; j'aimais cette terre d'un amour de vieillard, j'avais mis sur elle mes derniers espoirs ; mais je dois me dire qu'en réalité je n'en ai jamais été propriétaire, et que, si le testament avait été produit en temps, tout cela ne serait pas arrivé : je ne me serais pas installé à Ourteau, je n'aurais pas entrepris ces travaux ; M. d'Arjuzanx n'aurait pas pensé à me demander Anie ; Sixte ne l'aurait pas épousée, et, aujourd'hui, je ne tomberais pas lourdement d'une position fortunée dans la misère.
XII
La demie après six heures allait sonner au cartel des bureaux de l'Office cosmopolitain, et Barnabé, dans l'embrasure d'une fenêtre, guettait au loin sur le boulevard l'arrivée de l'omnibus du chemin de fer de Vincennes.