—Je ne trouve rien, dit-il enfin.

—Vous voyez, monsieur, avec quelle légèreté vous avez soupçonné le prince, dit Adeline sévèrement; par bonheur, personne n'en saura rien.

—Je jure que c'est un grec, s'écria Dantin.

—Il ne faut pas accuser sans preuve, dit Bunou-Bunou sentencieusement et avec non moins de sévérité qu'Adeline; si nous n'avions pas agi avec prudence, dans quelle situation nous mettiez-vous?

Comme Adeline, Bunou-Bunou s'était révolté à l'idée que le prince de Heinick pouvait être un filou, et, comme Adeline, il regardait l'agent avec une pitié méprisante:

—Ces policiers!

Ce n'était pas seulement des soupçons de Dantin sur le prince qu'Adeline avait entretenu son collègue, c'était aussi des accusations portées contre Julien et Théodore; aussi, en voyant le découragement de l'agent, tous deux se demandaient-ils si accusations et soupçons ne se valaient pas.

Dantin était trop fin pour ne pas deviner ce qui se passait en eux, mais que dire? le mot de Bunou-Bunou lui fermait la bouche: «On n'accuse pas sans preuve»; et cette preuve, il ne l'avait pas.

—Votre surveillance n'ayant pas produit de résultat, au moins pour les joueurs, dit Adeline, je pense qu'il est inutile de la continuer; vous pouvez ne pas revenir demain.

—Très bien, monsieur, dit Dantin, je ferai mon rapport.