Elle lui sauta au cou et le serra dans une longue étreinte.
—Mais il nous faut maintenant le consentement de ta grand'mère.
—Le donnera-t-elle? dit Berthe avec angoisse.
—Puisque madame Eck a donné le sien, il me semble impossible qu'elle le refuse.
Mais ce ne fut pas le sentiment de madame Adeline quand il lui exprima cette espérance.
—Maman ne voudra pas nous faire ce chagrin, dit-il.
—On est peu sensible au chagrin qu'on fait aux gens, quand on est convaincu que c'est dans leur intérêt qu'on agit et pour leur bien,—et cette conviction est celle de ta mère. Au reste elle t'attend dans sa chambre; va tout de suite lui parler.
—Bonjour, mon garçon, dit la Maman en le voyant entrer. Berthe m'a annoncé que tu venais passer quinze jours avec nous, cela va nous faire du bon temps à tous; je suis bien heureuse de cela.
Elle l'attira et l'embrassa.
—Quand on est jeune, on peut rester séparé de ceux qu'on aime, dit-elle, qu'importe? on a devant soi de beaux jours pour se rattraper; mais à mon âge, quand les heures sont comptées, celles de l'absence sont bien longues.