—Ah! mon cher monsieur Ateline!
—Malheureusement nous sommes, à cause de ma mère, obligé à de grands ménagements; vous savez quelle est la sévérité de ses principes religieux.
—Je sais par ma mère ce que beut être cette sevérité; et je fous afoue que je ne lui ai bas même barlé de ce mariage, qui pour nous n'est pas moins difficile que pour vous, car c'est la première fois que l'un te nous pense à épouser une chrétienne: il a fallu l'amour de Michel pour me décider moi-même; vous savez le préjugé, la tradition, la fierté!
—Vous comprenez donc que nous hésitions avant d'en parler à ma mère; il faut des précautions, des préparations, sans quoi nous nous heurterions à un refus formel.
—Je gomprends.
—Il est bon aussi que les jeunes gens se connaissent mieux; ma fille n'a que dix-huit ans, et j'ai toujours désiré ne pas la marier trop jeune.
—Chez nous, fous safez, on se marie cheune; ma mère s'est mariée à quinze ans.
—Enfin je vous demande du temps.
—Oh! barfaitement, nos cheunes chens beuvent attendre; moi j'ai pien été viancé avec ma femme pendant cinq ans, et quand nous nous sommes mariés j'aurais pien attendu encore.
Il dit cela avec son bon rire.