—Quand voulez-vous commencer? demanda-t-il aussitôt qu'elle se tut.
—Vous m'acceptez?
—À bras ouverts; retenez bien ce que vous dit Lozès, vous serez une grande artiste.
—Ah! monsieur!
—Si vous travaillez et si vous suivez mes leçons, bien entendu; parce que, vous savez, la nature sans l'art cela ne signifie rien.
—Oui, monsieur, je travaillerai autant que vous voudrez; je vous promets que vous n'aurez jamais eu d'élève plus attentive, plus appliquée.
—S'il en est ainsi, je vous donne ma parole qu'avant dix-huit mois vous serez en état de débuter, et, comme débute une élève de Lozès, d'une façon splendide; ces ânes du Conservatoire verront un peu ce que je sais faire d'une élève qui est douée.
Le moment était venu pour Madeleine d'expliquer sa situation, et les dispositions dans lesquelles elle voyait Lozès lui donnaient du courage et de l'espoir.
Mais il ne la laissa pas aller jusqu'au bout.
—Ah! non, ma petite, dit-il d'un ton brusque, je ne fais pas de ces arrangements-là: je n'ai pas le temps; et puis pour vous, croyez-moi, c'est une mauvaise affaire; il vaut mieux vous gêner et payer vos leçons comptant; je vous en donnerai une par jour; c'est cinq cents francs par mois qu'il vous faut; votre famille est ruinée me disiez-vous, eh bien, une belle fille comme vous ne doit pas être embarrassée pour trouver cinq cents francs par mois.