«Liverpool, 11 heures.

«Ai quitté Léon sur le Pacific. Le vapeur prend la mer, beau temps.»

Deux heures après, on remit à madame Haupois-Daguillon une lettre qu'un exprès venait d'apporter:

«La personne que nous avions mission de surveiller n'était point malade comme elle le prétendait; elle n'est point chez elle, et nous avons tout lieu de croire qu'elle est sortie hier soir un peu avant minuit; faut-il rechercher où elle a pu aller?»

Avant de répondre, madame Haupois-Daguillon étudia l'indicateur des chemins de fer pour voir combien de temps au juste il fallait pour aller de Paris à Liverpool; cet examen la rassura; si Cara était partie le vendredi soir, un peu avant minuit, elle n'avait pas pu arriver à Liverpool avant le départ du Pacific.

Alors elle répondit un seul mot à cette lettre: «Cherchez.»

Ce fut le lundi seulement qu'elle apprit le résultat de cette recherche: le samedi matin, la personne qu'on avait mission de surveiller s'était embarquée au Havre sur le Labrador, en route pour New-York.


XXV

Les deux vapeurs le Pacific et le Labrador courent à toute vitesse sur l'Océan; l'un est sorti du canal de Saint-Georges, l'autre de la Manche; les mêmes eaux les portent, et, dans l'air frais et pur qu'aucunes souillures terrestres ne ternissent, leurs fumées noires tracent la ligne qu'ils suivent.