—Tu vois que mon cornac fait bonne garde autour de moi, dit-elle en riant lorsque Sciazziga fut sorti; au reste, je ne suis qu'à moitié fâchée de cette visite, elle te montre, au moins pour un côté, quelle a été ma vie depuis que j'ai quitté la rue de Rivoli: il y a un mois, Sciazziga ne serait pas parti; il se serait arrangé pour assister à notre entretien.

Puis elle acheva son récit.

—Tu vois, dit-elle en le terminant, que je n'ai pas été trop malheureuse; les commencements, il est vrai, ont été durs, mais enfin j'ai été favorisée par la chance; maintenant que j'ai vu de près les dangers auxquels je m'exposais, je comprends combien je dois me trouver heureuse. Mais c'est assez parler de moi, et toi?

Il ne répondit pas tout de suite, et ce fut après quelques secondes d'embarras qu'il la regarda:

—Tu as vu mes parents? demanda-t-il.

—Oui; M. Byasson est venu me prendre pour me conduire chez eux.

—Alors, je n'ai rien à t'apprendre.

—Ce n'était pas cela que je voulais te demander, puisque, tu le devines bien, tes parents m'ont parlé de toi; je te disais que je me trouvais assez heureuse dans ma position, et je te demandais tout naturellement, affectueusement: et toi?

Il lui tendit la main:

—Oui, dit-il, tu as raison; je dois te répondre franchement, car c'est l'amitié qui inspire ta question.