—A la trahison! criait une voix forte.

Puis, en même temps, on entendait des piétinements, des fracas de portes, le tumulte d'une troupe d'hommes, tout le bruit d'une lutte.

Je descendis vivement. D'autres locataires de la maison étaient sortis comme moi; plusieurs portaient des lampes et des bougies qui éclairaient l'escalier.

—Oserez-vous arracher d'ici, comme un malfaiteur, le général Bedeau, vice-président de l'Assemblée, dit le général aux agents qui l'entouraient?

A ce moment le commissaire de police, qui était à la tête des agents, se jeta sur le général et le saisit au collet.

Les agents suivirent l'exemple qui leur était donné par leur chef et, se ruant sur le général, le saisissant aux bras, le tirant, le poussant, l'entraînèrent au bas de l'escalier avec cette rapidité brutale que connaissent seulement ceux qui ont vu opérer la police.

—A moi! à moi! criait le général.

Descendant rapidement derrière les agents, j'étais arrivé aux dernières marches de l'escalier comme ils s'engageaient sous le vestibule, je voulus m'élancer au secours du général, mais deux agents se jetèrent devant moi et me barrèrent le passage.

—A l'aide! criait le général, se débattant toujours, à moi, à moi, je suis le général Bedeau.

—Mettez-lui donc un bâillon, cria une voix.