Vêtue d'une camisole d'indienne, coiffée d'une marmotte, chaussée de savates éculées, avec cela des cheveux gris ébouriffés, de la barbe au menton, le nez barbouillé de tabac, la voix cassée, c'était le type de la terrible tricoteuse d'autrefois.

—Une barricade, répliqua son interlocuteur, c'était celle de juin.

Celui-là était un ouvrier de quarante-cinq à quarante-huit ans, que la sciure du bois d'acajou avait teint en rouge.

—Elle arrivait au troisième étage des maisons et elle barrait l'entrée des trois rues du faubourg; c'était de l'ouvrage propre; ça avait été fait avec amour; mais le peuple en était.

—Ah! voilà.

—Aujourd'hui c'est des bourgeois, et les bourgeois ça n'est bon à rien par eux-mêmes, ça ne sait que faire travailler les autres.

—Oui, mais il faut que les autres veuillent travailler.

—Et au jour d'aujourd'hui, ils ne veulent pas.

—Le faubourg n'a pas oublié les journées de juin.

—Ça n'empêche pas que ça va être drôle quand la ligne va arriver.