En moins d'une seconde la barricade fut escaladée par les soldats, et ses défenseurs se dispersèrent.

Dans la bagarre je fus séparé de M. de Planfoy et entraîné jusqu'à la rue Cotte; un coup de baïonnette m'effleura le bras et mon habit fut troué.

Ne trouvant pas de résistance sérieuse, la troupe ne fit pas d'autre décharge, et rapidement divisée, elle se lança à la poursuite des républicains dans les rues Cotte et Sainte-Marguerite pour les empêcher de se reformer.

J'avais trouvé un abri dans l'allée d'une maison dont la porte était restée ouverte; quand les soldats eurent défilé, je revins sur le lieu de la lutte pour chercher M. de Planfoy.

Avait-il été atteint dans la décharge? La barricade avait été si rapidement enlevée, et les soldats nous étaient tombés si brusquement sur le dos, que je n'avais rien pu distinguer; j'avais été entraîné par une avalanche et j'avais eu assez affaire de me garer des coups de baïonnette.

Les soldats étaient occupés à relever le cadavre du représentant Baudin; l'autre victime, qui était tombée avec lui, avait déjà disparu.

Qu'était devenu M. de Planfoy?

Avait-il été entraîné par les soldats?

Avait-il pu gagner la rue de Reuilly et rentrer chez lui?

Je restai un moment hésitant et perplexe; puis je me décidai à aller rue de Reuilly; je ne pouvais pas rester dans l'incertitude. Si M. de Planfoy n'était pas chez lui, je devais le chercher et le trouver.