Mon départ serait une fois encore retardé, je ne pouvais pas abandonner M. de Planfoy. S'il avait été arrêté, sa situation devenait des plus graves, car au moment où je lui avais donné mes papiers, il les avait mis dans la poche de sa vareuse; et ces papiers trouvés sur lui pouvaient le compromettre sérieusement.
XXVI
J'avais à peine frappé à la porte de la rue de Reuilly qu'elle s'ouvrit devant moi.
—Ce n'est pas monsieur, cria la domestique qui m'avait ouvert.
—Mon mari? où est mon mari? s'écria vivement madame de Planfoy.
Dans mon trouble, je n'avais eu souci que de mon inquiétude; je n'avais point pensé à celle que j'allais allumer dans cette maison.
—Mon mari, mon mari, répéta madame de Planfoy.
Il fallait répondre. J'expliquai comment nous avions été séparés et comment, ne le retrouvant pas, j'avais cru qu'il était rentré chez lui. Ces explications, par malheur, n'étaient pas de nature à calmer l'angoisse de madame de Planfoy; je ne le comprenais que trop à mesure que j'entassais paroles sur paroles.
—Il sera revenu à la barricade, dis-je enfin; je vais y retourner, le retrouver et le ramener.
—Je vais avec vous, dit-elle.