—C'est cela même.

—Savez-vous que vous vous êtes tiré de cette affaire très-heureusement pour vous; il y a des officiers détenus dans la citadelle de Lille pour en avoir fait beaucoup moins que vous, car ils ont simplement refusé de prêter serment.

—Je n'ai rien demandé, et je serais allé au château d'If sans me plaindre, s'il avait plu au général de m'y envoyer.

—Dieu merci, cela n'est point arrivé; mais enfin il n'en est pas moins vrai que vous voici sorti de l'armée, ce qui n'est pas gai pour un officier comme vous, amoureux de son métier. J'ai été à peu près dans cette position pendant un moment et je sais ce qu'elle a de triste.

—Il ne fallait pas faire le 2 Décembre; sans votre coup d'État je serais toujours capitaine.

—L'intérêt du pays.

—Il n'y a rien à dire à cela; aussi je ne dis rien.

—Sans doute, mais vos amis disent pour vous.

—Mes amis parlent trop.

—Vos amis répondent aux questions d'un autre ami qui les interroge. Croyez-vous que je n'ai pas pressé de questions madame de Solignac quand j'ai su que vous aviez donné votre démission? Croyez-vous qu'il ne me désolait point de ne pouvoir pas vous être utile, alors que dans ma position, il me serait si facile de vous servir?