—Voici le rédacteur en chef, dit le secrétaire. Et il expliqua à celui-ci ce que je demandais.
—Vous tenez beaucoup à ce que cette nouvelle ne paraisse pas? me dit le rédacteur en chef.
—Je tiens à faire tout ce que je pourrai pour l'empêcher.
—Eh bien! qu'on la supprime.
Il me fallut le remercier. Je tâchai de le faire de bonne grâce.
—Si vous voulez empêcher cette nouvelle d'être connue, me dit le secrétaire de la rédaction, il faudrait voir Sebert; car il va la mettre dans sa correspondance belge. Vous le trouverez au café du Vaudeville à cinq heures.
J'attendis M. Sebert jusqu'à cinq heures et demie, et une fois encore je crus que malgré mes efforts la nouvelle serait publiée; mais enfin il arriva; on me le désigna et il me fit le sacrifice de sa nouvelle. Tout d'abord il me refusa, j'insistai, il céda.
Je rentrai chez moi brisé: je trouvai un mot de Clotilde: M. de Solignac était mort à cinq heures.
Cette fois je respirai pleinement.