—Ça, c'est une excuse.
Le regard de Clotilde que j'épiais parut m'approuver.
Comme la première fois que j'avais déjeuné à Cassis, le général s'allongea dans son fauteuil, et, sa pipe allumée, il écouta: «Veillons au salut de l'empire» que lui joua sa fille. Puis bientôt il s'endormit.
C'était le moment que j'attendais. J'allais pouvoir parler, j'allais savoir. Jamais mon coeur n'avait battu si fort, même lorsque j'ai chargé les Kabyles pour mon début.
Lors de mon premier déjeuner à Cassis, Clotilde, voyant son père endormi, m'avait proposé une promenade au jardin. En serait-il de même cette fois? J'attendis. Puis, voyant qu'elle restait assise devant son piano, sans jouer, je lui demandai si elle ne voulait pas venir dans le jardin.
Alors, elle se tourna vers moi, et me regardant en face, elle me dit à voix basse:
—Restons près de mon père.
—Mais j'ai à vous parler; il faut que je vous parle; je vous en supplie.
—Et moi, dit-elle, je vous supplie de ne pas insister, car il ne faut pas que je vous écoute.
—Vous m'écoutiez l'autre jour.