—Laquelle?
—Dame, je lui achète à beaux deniers comptants le droit de passer. Madame la vicomtesse a un droit, qui est celui de consentir ou de ne pas consentir à notre mariage; nous désirons qu'elle consente, elle refuse, nous lui faisons une offre.
—Ah! Painel.
—Dame, monsieur le comte, ça n'est pas beau, j'en conviens, mais il y a comme ça dans la vie bien des choses qui ne sont pas belles; un remède n'est jamais ragoûtant, et ce que je vous indique là c'est un remède. Ce qui vous blesse, n'est-ce pas, c'est que la personne en question porte votre nom, et que ce qui abaisse votre nom vous abaisse vous-même. Je comprends cela, et si j'osais, je dirais, moi, vieux roturier, que je sens cela. Mais que voulez-vous, il ne faut pas penser à vous, il ne faut que penser à votre petite-fille et à assurer son bonheur.
—Jamais la personne dont vous parlez n'accepterait un pareil marché.
—Vu la situation dans laquelle elle se trouve, je ne pense pas comme monsieur le comte. D'ailleurs nous n'irions pas le lui proposer comme ça, tout naïvement. Nous commencerions par lui faire une bonne peur qui la disposerait favorablement à écouter toute offre, et en même temps à ne pas se montrer trop exigeante.
—Et vous avez dans votre arsenal une arme pour faire cette bonne peur, comme vous dites?
—Nous l'avons.
—Et quelle est-elle?
—Un petit procès, un tout petit procès; nous attaquons la personne susdite en destitution de tutelle.