III
Le quartier de Rome habité par les étrangers, par les forestiers, comme on dit, est celui de la place d'Espagne, avec ses rues environnantes, via Sistina, via Gregoriana. En effet, il n'y a guère que là qu'on trouve un peu de confort dans le logement et dans son ameublement; ailleurs, les appartements sont généralement distribués et meublés à la romaine, c'est-à-dire d'une façon un peu trop primitive pour qui veut faire un long séjour à Rome. Et puis, raison meilleure encore, ce quartier est à la mode.
C'était rue Gregoriana que demeurait madame la vicomtesse de la Roche-Odon, dans une maison neuve et de belle apparence.
Ce fut à la porte de cette maison qu'Aurélien déposa sa mère.
Au coup de sonnette discret de madame Prétavoine, un petit domestique italien de treize à quatorze ans vint ouvrir la porte.
—Madame la vicomtesse de la Roche-Odon?
Il parut hésitant, mais il y avait cela de particulier dans son hésitation qu'il se montrait beaucoup plus disposé à rejeter la porte sur le nez de la personne qui se tenait devant lui, qu'à la lui ouvrir.
Mais madame Prétavoine ne lui permit pas d'accomplir son dessein, car se glissant vivement et adroitement par la porte entre-bâillée, elle était dans le vestibule avant qu'il se fût décidé.
Il la regarda un moment interloqué, puis lui tournant le dos, il alla à une porte et il appela avec son accent italien:
—Mademoiselle Emma.