Presque aussitôt arriva une personne de tournure imposante, âgée de quarante ans environ, parée, attifée avec prétention, et qui devait être une femme de chambre maîtresse ou une dame de compagnie.
Madame Prétavoine lui exposa son désir, qui était de voir madame la vicomtesse de la Roche-Odon.
Pendant qu'elle parlait, mademoiselle Emma la toisait des pieds à la tête et la dévisageait.
Cet examen ne fut sans doute pas favorable, car mademoiselle Emma répondit que sa maîtresse ne pouvait pas recevoir.
Madame Prétavoine reprit ses explications, d'une voix douce, et elle entra dans des détails qui devaient faire comprendre à cette femme de chambre l'importance qu'elle lui reconnaissait.
—Elle venait de Condé-le-Châtel, le pays de M. le comte de la Roche-Odon, beau-père de madame la vicomtesse.
—Il y a longtemps que je suis avec madame; je connais M. de la Roche-Odon, dit la femme de chambre d'un ton qui montrait que le moyen pour se mettre bien avec elle, n'était pas de lui parler «du beau-père de la vicomtesse.»
—Alors, poursuivit madame Prétavoine sans s'émouvoir, vous devez connaître M. Filsac, avoué à Condé, et qui s'est occupé des affaires de madame la vicomtesse; c'est de sa part que je me présente avec une lettre de lui.
Disant cela, elle tira en effet une lettre de sa poche.
—C'est différent, je vais alors prévenir madame; mais en tous cas, elle est occupée en ce moment.