Et il n'y avait pas de temps à perdre pour faire ce mariage, puisque d'un jour à l'autre, le lendemain peut-être, la mort pouvait le frapper.
Il est vrai que pour ce mariage, de même que pour l'émancipation, le consentement de la mère était indispensable, mais on s'arrangerait pour qu'elle ne le refusât pas, c'est-à-dire qu'adoptant l'idée du vieux notaire, on l'achèterait.
Mais où était-il, le mari digne de ce choix?
Celui qu'elle pouvait aimer?
Celui qui la protégerait et qui assurerait son bonheur?
Car cette nécessité d'un mariage immédiat, déterminante pour lui, grand-père, ne serait d'aucun poids sur une jeune fille de dix-huit ans telle que Bérengère. Assurément, ce ne serait pas parce qu'il faudrait qu'elle se mariât qu'elle accepterait un mari; ce serait parce qu'elle aimerait l'homme qu'on lui proposerait.
Et quel homme pouvait-elle aimer? Un seul: Richard de Gardilane.
C'était ainsi que M. de la Roche-Odon avait été, par la seule force des circonstances, ramené au capitaine, et dans des conditions telles, qu'il devait souhaiter maintenant que le capitaine aimât sa petite-fille et que celle-ci aimât le capitaine.
Une seule chose restait inquiétante: la religion du capitaine.
Et cette inconnue, il fallait maintenant l'examiner au plus vite.