—Rien.
M. de la Roche-Odon voulut la regarder, en plongeant dans ses yeux, comme il le faisait souvent mais il n'en eut pas la force, et il détourna la tête.
—Et ce mariage? demanda-t-il.
—J'ai dit à Richard que maintenant qu'il connaissait mes sentiments, c'était à lui d'agir en conséquence, loyalement, franchement, dans la droiture de sa conscience. A ce moment, nous avons été interrompu par Cornu, qui me cherchait, et nous n'en avons pas dit davantage.
Elle se tut, et, pendant plus d'un grand quart d'heure, éternel pour elle, elle vit son grand-père marcher en long et en large dans le salon; de temps en temps il la regardait mais presque aussitôt il détournait la tête comme s'il avait peur de rencontrer ses yeux.
Enfin il s'arrêta devant elle:
—Je te prie de monter à ta chambre, dit-il. Demain nous reprendrons cet entretien; pour aujourd'hui, j'ai besoin de me remettre et de réfléchir à tête posée,—si cela est possible.
XXXI
Ce ne fut point avec Bérengère que M. de la Roche-Odon continua cet entretien. Ce fut avec le capitaine de Gardilane.
Le lendemain matin, après une nuit d'insomnie, il quitta la Rouvraye au jour naissant, et quand il arriva devant la grille du capitaine, l'aube commençait seulement à blanchir le ciel du côté de l'orient.