—Ah! si j'avais une fille, dit-elle, au lieu d'un fils, vous ne me verriez pas tourmentée comme je le suis.

Et de fait elle paraissait en proie à l'inquiétude et au chagrin.

Poliment Baldassare lui demanda ce qui la tourmentait ainsi.

—C'est précisément pour cela que je viens vous demander service, un grand, un très-grand service.

Mais avant de vous dire ce dont il s'agit, il faut que je vous explique comment l'idée m'est venue de m'adresser à vous. Cette idée m'a été inspirée par la tendresse que vous témoignez à votre petite fille, à cette si jolie, si gracieuse, si charmante, si séduisante Cecilia; pensant à cette tendresse, il m'a semblé qu'un bon père tel que vous devait compatir aux chagrins et aux inquiétudes d'une mère, et même, si cela lui était possible, vouloir les soulager.

—Oh! assurément, madame, et surtout s'il s'agissait d'une personne telle que madame.

—Précisément, il s'agit de moi, et d'avance je vous remercie de vos bonnes dispositions.

—M. Aurélien...

—Mon fils est un bon jeune homme; il a toutes les qualités, toutes les vertus, mais enfin c'est un fils, ce n'est pas une fille; de là le mal, de là mes inquiétudes. On m'a rapporté, et j'ai tout lieu de croire ce renseignement exact, que mon fils s'était laissé toucher par la beauté extraordinaire d'une jeune fille du Transtévère. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on l'a vu chez elle. Et cela est d'autant plus facile que le père de cette jeune fille tient un cabaret au bout du pont Quatro-Capi.

—M. Aurélien!