Au Pincio l'attitude de Michel fut la même que dans le Corso, avec quelque chose de plus provoquant encore, car la réunion d'un grand nombre de personnes dans cet emplacement restreint rendait l'échange des saluts plus fréquent.
Comme ils étaient arrêtés pour regarder le défilé des voitures qui tournaient autour de la musique, ils aperçurent madame de la Roche-Odon seule dans sa calèche.
Elle se tenait à demi renversée et elle promenait sur la foule des yeux dans lesquels il n'y avait pas de regard: ceux qui ne savaient rien de l'aventure de la nuit précédente pouvaient croire à son indifférence et à son calme; mais ceux qui étaient au courant de cette histoire devinaient qu'elle s'était mis un masque sur la figure de même qu'elle avait mis du rouge sur ses joues et sur son front.
—Voici ma mère, dit Michel, il faut que je vous présente à elle; liés comme nous le sommes, il est ridicule que vous ne soyez pas reçu chez elle.
Et de la main faisant un signe au cocher, il arrêta la voiture.
A la présentation faite par son fils, madame de la Roche-Odon qui avait tout d'abord paru sortir d'un rêve, répondit en invitant Aurélien à la venir voir bientôt.
—Où vas-tu? demanda Michel en s'adressant à sa mère.
—A la villa Borghèse.
—Veux-tu nous donner place dans ta voiture, nous irons avec toi, et tu nous ramèneras.
—Mais avec plaisir.