Madame de la Roche-Odon s'était affaissée dans son fauteuil, car chacune de ces paroles l'avait atteinte en plein corps.
Dans leur forme vague elles étaient pour elle d'une terrible précision, et il n'était rien de ce qu'il avait voulu dire, qu'elle n'eut compris.
Ce justicier c'était son fils, son fils faussaire, rejetant sur elle une part de son crime.
—Pourquoi ai-je joué?
—Pour qui?
—Pourquoi n'ai-je pas payé?
Les réponses à ces horribles questions elle les trouvait en elle.
Elle leva ses deux mains pour cacher son visage, mais dans ce moment ses yeux rencontrèrent le visage extatique de madame Prétavoine.
Elle avait oublié qu'ils n'étaient pas seuls; il fallait s'observer devant elle et contre elle se défendre.
Dans sa vie agitée madame de la Roche-Odon s'était trouvée plus d'une fois au milieu de situations difficiles et douloureuses, jamais plus horribles cependant, jamais plus cruelles que celle au milieu de laquelle elle venait d'être précipitée par la main de son fils; ce n'était pas seulement le présent, c'était encore le passé qui accablaient, qui écrasaient la femme et la mère.