—C'est égal; la démarche peut paraître étrange.

—Je ne crois pas; mais, en tout cas, l'intérêt que nous avions à nous renseigner m'a fait passer sur cette considération, et, je crois que, quand je t'aurai dit l'opinion de M. Saniel, tu ne regretteras plus ma visite.

—Et cette opinion? demanda madame Cormier.

—Son opinion est qu'il n'y a pas eu de lutte entre Caffié et l'assassin, attendu que la position de Caffié dans le fauteuil où il a été frappé prouve qu'il a été surpris; donc, s'il n'y a pas eu de lutte, il n'y a pas eu de bouton arraché, et tout l'échafaudage de la police s'écroule.

Madame Cormier poussa un profond soupir de délivrance:

—Tu vois! dit-elle à son fils.

—Et l'opinion de M. Saniel n'est pas celle du premier venu, ce n'est même pas celle d'un médecin quelconque: c'est celle du médecin qui a constaté la mort et qui, plus que personne, a qualité, a autorité pour dire comment elle a été donnée,—par surprise, sans lutte, sans bouton arraché.

—Ce n'est pas M. Saniel qui dirige les recherches de la police, ni qui les inspire, répondit Florentin; son opinion ne donne pas un coupable, tandis que le bouton peut en donner un, au moins pour ceux qui croient à la lutte, et entre les deux la police ne peut pas hésiter: déjà on la raille dans les journaux de n'avoir pas encore découvert l'assassin, qui va rejoindre tous ceux qu'elle a laissés échapper, il faut qu'elle suive la piste sur laquelle elle s'est engagée, et cette piste....

Il baissa la voix:

—C'est ici qu'elle peut l'amener.