—Je n'ai jamais pensé au mariage.

—Si vous y pensiez?

—Pour cela il faudrait tout d'abord une femme.

—Si je vous en proposais une, que diriez-vous?

—Mais....

—Vous êtes surpris, n'est-ce pas?

—Je l'avoue.

—Mon cher monsieur, je suis l'ami de mes clients et pour plusieurs,—j'ose le dire,—un père. C'est ainsi qu'ayant beaucoup d'affection pour une jeune dame—et la fille d'une de mes amies, j'ai pensé, en vous voyant et en vous écoutant, que l'une ou l'autre pourrait être la femme qu'il vous faut; toutes deux ont de la fortune; elles sont intelligentes et elles possèdent des avantages physiques qu'un homme, un bel homme comme vous, est en droit d'exiger. Au reste, j'ai précisément leurs photographies, et vous pouvez voir vous-mêmes ce qu'elles sont.

Il ouvrit un tiroir de son bureau et en tira un paquet de photographies dans lesquelles il se mit à chercher. Saniel, qui le suivait des yeux, remarqua que toutes ces photographies étaient des portraits de femmes; enfin il fit son choix et présenta deux cartes à Saniel.

L'une représentait une femme de trente-huit à quarante ans, de forte corpulence, d'apparence robuste, toute couverte d'une quincaillerie d'horribles bijoux dont elle s'était parée pour se faire portraiturer; l'autre, une jeune personne d'une vingtaine d'années, assez jolie, habillée simplement, élégamment, et dont la physionomie distinguée et discrète contrastait avec celle du premier portrait.