«... En vous disant: Allez à ma mère, elle seule peut vous ouvrir notre maison qu'elle veut vous tenir fermée.»

—Et c'est tout: s'il ne comprend pas, c'est qu'il est stupide. Maintenant, mon ami, relisez cela; arrangez mes phrases, donnez-leur une bonne tournure. Je crois que l'essentiel est dit.

—Je me garderai bien de changer un seul mot à cette lettre, qui est vraiment parfaite et que, pour mon compte, j'admire. Vous me démontrez une chose que je croyais déjà: c'est qu'il n'y a que les femmes qui puissent écrire des lettres.

XXVIII

Aussitôt que Leplaquet fut parti, madame de Barizel se mit à copier la lettre qu'elle avait dictée, ou plutôt à la dessiner, car pour son esprit ignorant aussi bien que pour sa main inexpérimentée l'écriture était une sorte de dessin; elle imitait scrupuleusement ce qu'elle avait devant les yeux; puis, quand elle avait fini un mot, elle comptait sur le modèle le nombre de lettres dont il se composait, et elle faisait aussitôt, la même opération sur sa copie. Ne fallait-il pas que Corysandre ne pût pas se tromper?

Enfin, après beaucoup de mal et de temps, elle vint à bout de ce travail, et aussitôt elle fit appeler sa fille; mais, avant que Corysandre entrât, elle eut soin de cacher sa copie.

—Je t'ai fait appeler, dit madame de Barizel, pour te parler de M. de Naurouse.

Corysandre regarda sa mère avec inquiétude; elle eût voulu qu'on ne lui parlât pas de Roger.

—Je t'ai dit, continua madame de Barizel, que s'il ne se prononçait pas nous romprions toutes relations.

—Il s'est prononcé.