—Je réponds pour lui.

Puis se tournant vers Roger:

—Si à la demande qu'on t'adresse sous le coup de cette pression infâme, dit-elle, tu répondais: «Oui», tu ne serais plus le duc de Naurouse que j'aime. Tu ne pouvais pas me prendre pour ta femme hier, tu le peux encore moins aujourd'hui.

Madame de Barizel parut hésiter un moment; mais presque aussitôt ses yeux lancèrent des éclairs, tandis que ses narines retroussées et ses lèvres minces frémissaient: elle se leva et s'avançant:

—Et pourquoi donc M. le duc de Naurouse ne peut-il pas t'épouser? dit-elle d'un air de défi; s'il a des raisons à donner pour justifier son refus, j'entends des raisons honnêtes et avouables, qu'il les donne tout haut. Parlez, monsieur le duc, parlez donc.

Une fois encore Corysandre intervint en se jetant au-devant de Roger:

—Ah! vous savez bien qu'il ne parlera pas, s'écria-t-elle, et que je n'ai pas à lui demander, moi, votre fille, de se taire.

Malgré sa fermeté, madame de Barizel fut déconcertée; mais son trouble ne dura qu'un court instant:

—Vous réfléchirez, monsieur le duc, dit-elle; votre femme, ou vous ne la reverrez jamais.

Sans répondre, Corysandre se jeta sur la poitrine de Roger.