—J'ai fait connaître ces intentions à madame la comtesse de Barizel; il m'est, à mon grand regret, impossible de donner suite au projet que j'avais formé et dont je vous avais entretenu.
—Mais depuis que vous avez fait connaître vos intentions à madame de Barizel, il s'est passé un... incident grave qui a dû les modifier.
—Il ne les a point modifiées.
—Vous m'étonnez, monsieur le duc; c'est un honnête homme qui vous le dit.
Roger ouvrit la bouche pour remettre cet honnête homme à sa place; mais il ne pouvait le faire qu'en accusant madame de Barizel, et il ne le voulut pas.
—Monsieur le duc, continua Dayelle, qui paraissait éprouver un réel plaisir à prononcer ce mot, monsieur le duc, c'est de mon propre mouvement que je me suis décidé à cette démarche auprès de vous, dans l'intérêt de Corysandre que j'aime d'une affection très vive; je viens de voir madame de Barizel bien décidée à demander aux tribunaux la réparation de l'injure sanglante que vous lui avez faite, je l'ai arrêtée en la priant de me permettre de faire appel à votre honneur....
—C'est justement l'honneur qui m'empêche de poursuivre ce mariage, dit Roger, incapable de retenir cette exclamation.
—Monsieur le duc, cela est grave; il y a dans vos paroles une accusation terrible. Qui la justifie? Vous ne pouvez pas laisser mes amies, madame de Barizel aussi bien que sa fille, sous le coup de cette accusation tacite.
—J'ai donné à madame de Barizel les raisons qui me font rompre un mariage que je désirais ardemment.
—Vous avez écouté de basses calomnies, monsieur le duc.