Roger ne répondit pas.
Dayelle le pressa; Roger persista dans son silence, et il eût rompu l'entretien s'il n'avait espéré pouvoir trouver le moyen de savoir où était Corysandre.
—Je suis surpris, monsieur le duc, que vous persistiez dans votre inqualifiable refus de me donner des explications que je me croyais en droit de demander à votre loyauté. Je venais à vous en conciliateur. Vous avez tort de me repousser, car vous perdez Corysandre que vous dites aimer.
—Que j'aime et qui m'aime.
—Sa mère a dû la faire entrer dans un couvent, et si vous ne l'en faites pas sortir en l'épousant, elle y restera enfermée jusqu'à sa majorité, car vous sentez bien qu'après ce procès elle ne pourrait jamais se marier.
Roger, se raidissant contre son émotion, voulut essayer de suivre les conseils de Nougaret:
—Alors nous attendrons cette majorité, dit-il, j'ai foi en elle comme elle a foi en moi; par ce procès, madame de Barizel déshonorera sa fille, voilà tout.
XXXIX
«Nous attendrons».
Mais c'était une parole de défense, une bravade, un défi qui n'avait d'autre but que de montrer qu'il n'était pas plus effrayé par la menace du procès que par celle du couvent.