Ce fut ainsi qu'il vit Roger ouvrir l'enveloppe qu'il avait prise, déplier une feuille de papier timbré, la lire puis la déchirer en petits morceaux: un testament qu'il annulait sans doute; l'autre, le sien assurément, était donc le bon.

Roger l'appela; vivement il alla à lui, il n'était plus maussade, il n'avait plus perdu.

—Voulez-vous anéantir ces papiers? dit Roger, montrant les morceaux.

—Comment?

—Puisque nous n'avons pas de feu allumé: jetez-les dans les cabinets et faites couler de l'eau.

Mautravers ramassa scrupuleusement tous ces morceaux les emporta, mais en sortant il laissa la porte de la chambre ouverte.

Debout, sur son séant, Roger écoutait; n'entendant rien, il appela:

—Je n'entends pas l'eau couler, cria-t-il faiblement.

C'est qu'avant de faire disparaître ces morceaux de papier Mautravers avait voulu voir ce qui était écrit dessus, ayant lu plusieurs fois le mot «hospices» et les noms de Harly, de Corysandre et de Crozat, il fut convaincu que le testament conservé était bien décidément le bon, c'est-à-dire le sien, et alors il fit couler l'eau abondamment, bruyamment.

—Mon testament est dans ce pupitre, dit Roger lorsqu'il rentra, vous le remettrez à M. Le Genest de la Crochardière; je vous le recommande: il déshérite les Condrieu qui ont été indignes pour moi. Vous comprenez combien je tiens à ce qu'il soit exécuté.