—Il sera sacré pour moi, s'écria Mautravers avec enthousiasme et je vous jure que je ferai tout pour qu'il soit exécuté.
—Merci; maintenant je vais être plus tranquille.
Il tourna le dos à la lumière crue du matin, tandis que Mautravers, qui n'avait plus envie de dormir s'installait dans un fauteuil, ne voulant pas qu'un autre que lui veillât un si brave garçon.
Il y avait une heure à peu près que Mautravers se promenait dans ses terres de Varages et de Naurouse, lorsqu'il crut remarquer que, depuis quelque temps déjà, Roger n'avait pas remué; il écouta et, n'entendant plus sa respiration, il s'approcha du lit: il était mort, tout à coup, comme avaient dit les médecins, sans qu'on s'en aperçût.
Aussitôt Mautravers réveilla toute la maison.
—Qu'on aille vite chercher M. Le Genest de la Crochardière, dit-il, qu'on le fasse lever, qu'il vienne tout de suite; avertissez-le que c'est pour recevoir le testament du duc de Naurouse.
Il attendit, suant d'impatience; mais ce ne fut pas le notaire qui arriva tout d'abord, ce fut Raphaëlle, qu'il n'avait pas dit de prévenir.
—Tu sais, dit-elle après la première explosion du chagrin, que le duc m'avait donné son argenterie et ses bijoux.
—Non, je n'en sais rien; mais il a fait un testament qu'on va ouvrir tout à l'heure, nous verrons cela.
—Je n'ai pas besoin du testament pour ce qui m'a été donné.