Nougaret s'avança:
—Monsieur le comte de Condrieu oublie, dit-il, que depuis quatre mois le docteur Harly n'était plus la médecin de M. de Naurouse.
—N'a-t-il pas été le médecin de la dernière maladie?
—Il n'était plus le médecin de M. de Naurouse quand ce testament a été fait; c'est ce que prouve la date, qui remonte à six semaines seulement.
—Ce n'est pas le lieu de décider cette question, dit Harly.
—Ce seront les tribunaux qui la décideront, dit M. de Condrieu.
FIN
NOTICE SUR LA «BOHÊME TAPAGEUSE»
Malgré le secret professionnel, c'est de leurs observations personnelles que les médecins se servent pour écrire la plupart des livres qu'ils publient chaque jour avec une abondance qui n'est égalée que par celle des théologiens; si bien que pour peu que vous ayez un médecin écrivain,—et ils le sont tous,—vous êtes exposé à vous trouver un jour ou l'autre dans un de leurs livres ou de leurs articles, tandis que vos amis, perçant des initiales transparentes, apprendront que vos ascendants paternels étaient alcooliques, les maternels tuberculeux, que vos enfants seront l'un ou l'autre, et que vous-même vous n'en avez pas pour longtemps.
C'est aussi avec leurs observations que les romanciers écrivent leurs livres, mais les romans sont les romans, et comme on doit toujours y introduire une certaine dose d'imagination et de fantaisie, ils s'éloignent forcément de la précision médicale. D'ailleurs le romancier n'est pas lié par le secret professionnel. Ceux dont il parle ne l'ont pas payé pour qu'il se taise. Et par cela seul sa situation ne ressemble en rien à celle du médecin.