—Lisez, dit Mautravers, mon ami Roger m'a chargé de veiller à l'exécution de son testament; je dois le connaître.
Le notaire lut:
«Ceci est mon testament; il m'a été inspiré par le désir de faire après moi ce que je n'ai pu faire de mon vivant—le bonheur d'une personne qui en soit digne.
«Je déshérite donc autant que la loi me le permet la famille de Condrieu, qui a été mon ennemie, et je laisse ma fortune à mademoiselle Claire Harly, fille de mon ami Harly, à charge par elle de donner:
«1° A mon ancien maître, M. Crozat, qui m'a appris le peu que je sais, deux cent mille francs;
«2° Aux pauvres de Naurouse cent mille francs;
«3° Aux pauvres de Varages cent mille francs;
«4° A mes domestiques cent mille francs, sur lesquels Bernard, mon valet de chambre, en prélèvera quarante mille pour sa part.
«François-Roger de CHARLUS, duc de NAUROUSE.»
—Voilà un testament qui est nul, s'écria M. de Condrieu; l'article 909 du code ne permet pas aux médecins de profiter des dispositions testamentaires faites en leur faveur par un malade qu'ils ont soigné pendant la maladie dont il meurt, et l'article déclare que les enfants de ces médecins sont personnes interposées et par conséquent incapables de recevoir.