—Si je connais la belle Corysandre!

Et, se rengorgeant de son air le plus vain:

—Vous ne lisez donc pas les journaux?

—Si j'avais lu les journaux que m'auraient-ils appris?

—Que j'ai, il y a quelque temps, donné une fête dans la forêt, un bal suivi d'un souper sous des tentes, dont mademoiselle de Barizel a été la reine. Tous les journaux du monde ont parlé de cette fête, qui, de l'avis unanime, a été tout à fait réussie.

Savine se mit à raconter ce qu'il savait sur madame de Barizel, c'est-à-dire les propos vagues qui couraient le monde, car n'ayant jamais eu l'intention d'épouser mademoiselle de Barizel, il ne s'était pas donné la peine de faire faire une enquête sérieuse sur elle et sur sa mère. Que lui importait, il n'avait souci que de sa beauté, et cette beauté se manifestait à tous éclatante, indiscutable.

Naurouse écoutait sans interrompre, religieusement. Ce nom de Barizel ne lui disait rien; c'était la première fois qu'il l'entendait et il n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait valoir; mais il ne s'en inquiétait pas autrement: cette blonde admirable ne pouvait être qu'une fille de race.

Ils étaient revenus sur leurs pas et ils allaient de nouveau passer devant elles:

—Voulez-vous que je vous présente? demanda Savine.

—Ne serait-ce pas plutôt à madame de Barizel qu'il faudrait demander si elle veut bien que je lui sois présenté?