Savine haussa les épaules, mais il ne répondit pas autrement.

X

Le chalet qu'occupait madame de Barizel dans les allées de Lichtenthal était précédé d'un petit jardin: c'était dans ce jardin que Savine et Roger avaient fait leurs adieux à madame de Barizel et à Corysandre, avant que celles-ci fussent dans la maison.

Ce fut vainement qu'elles frappèrent à la porte d'entrée, personne ne répondit; aucun bruit à l'intérieur; aucune lumière.

—Elles sont encore parties, dit Corysandre d'un ton fâché, et Bob aussi.

Sans répondre madame de Barizel abandonna la porte d'entrée et, faisant le tour du chalet, elle alla à une petite porte de derrière qui servait aux domestiques et aux fournisseurs; mais cette porte était fermée aussi. Aux coups frappés personne ne répondit.

—Ne te fatigue pas inutilement, dit Corysandre.

Madame de Barizel ne continua pas de frapper; mais, allant à un massif de fleurs bordé d'un cordon de lierre, elle se mit à tâter dans les feuilles de lierre qu'éclairait la lumière de la lune; ses recherches ne furent pas longues, bientôt sa main rencontra une clef cachée là.

—Ce qui signifie, dit Corysandre, qu'elles ne sont pas sorties ensemble; la première rentrée devait trouver la clef et ouvrir pour les autres.

Elle parlait lentement, avec calme; mais cependant, dans son accent, il y avait du mécontentement et aussi du mépris; il semblait que ces paroles s'adressaient aussi bien aux domestiques, qui avaient décampé, qu'à sa mère qui permettait qu'ils sortissent ainsi.