Dayelle, à qui elle s'adressait, ne répondit pas.
—Pour être sincère, je dois dire que cela me fait plaisir.
—Et pourquoi? demanda Dayelle sérieusement.
—Parce que cela confirme le jugement que j'avais porté sur M. de Naurouse en le regardant.
—Et quel jugement aviez-vous porté? demanda Dayelle.
—Ne l'interrogez pas, dit madame de Barizel, elle va vous répondre quelque sottise.
Habituellement, lorsque sa mère l'interrompait ainsi, ce qui arrivait assez souvent devant Leplaquet, Dayelle ou Avizard, c'est-à-dire devant des amis intimes, Corysandre se taisait en prenant une attitude où il y avait plus de dédain que de soumission, mais cette fois il n'en fut point ainsi; au lieu de courber la tête, elle la releva.
—En quoi donc est-ce une sottise, dit-elle lentement, de répondre à une question que M. Dayelle trouve bon de me poser? Si j'ai dit que cela me faisait plaisir d'apprendre que M. de Naurouse était capable d'amour, c'est qu'en le voyant je l'avais jugé ainsi et que je suis bien aise de voir que je ne me suis pas trompée sur lui.
S'adressant à sa mère directement:
—Je t'ai dit que M. de Naurouse me plaisait, n'est-il pas tout naturel que je sois satisfaite d'apprendre des choses qui ne peuvent qu'augmenter la sympathie que j'éprouve pour lui?