Dayelle avait incliné la tête.
—Et il les a aimées?
Dayelle avait répété le même signe affligé.
—Il a fait des folies pour elles?
—Scandaleuses.
—Vraiment! Et en quoi étaient-elles scandaleuses? Voilà ce que je voudrais bien savoir.
—C'est là une question qui n'est pas convenable dans ta bouche, interrompit madame de Barizel, qui, voyant la tournure que prenait l'entretien, aurait voulu le couper court, de peur que Corysandre, par quelques mots d'enfant terrible, ne fâchât Dayelle.
—Alors je la retire, ma question, dit Corysandre, jusqu'au jour où je pourrai la poser à M. de Naurouse lui-même, ce qui sera bien plus drôle.
—Corysandre!
—Si je ne dois pas avoir la fin des histoires que vous commencez, pourquoi les commencez-vous? qu'est-ce que cela me fait, à moi, que M. de Naurouse ait gaspillé une partie de sa fortune; qu'est-ce que cela me fait qu'il ait eu des maîtresses et qu'il les ait aimées follement? cela prouve qu'il est capable d'amour et même de passion, ce que je trouve très beau. Quand je dis que cela ne me fait rien, ce n'est pas très vrai, et, pour être sincère, car il faut toujours être sincère, n'est-ce pas?