«Tu as faim, toi? demanda la mère.
— Je crois bien, il y a longtemps.
— Pourquoi n'as-tu pas mangé un morceau de pain?
— J'en ai mangé deux, mais j'ai encore une belle faim: tu vas voir; si ça met en appétit de regarder manger les autres, la platée sera trop petite.»
La mère avait porté une fourchette de riz à sa bouche, mais elle la tourna et retourna longuement sans pouvoir l'avaler.
— Ça ne passe pas très bien, dit-elle en réponse au regard de sa fille.
— Il faut te forcer: la seconde bouchée passera mieux, la troisième mieux encore.»
Mais elle n'alla pus jusque-là, et après la seconde elle reposa sa fourchette sur son assiette:
«Le coeur me tourne, il vaut mieux ne pas persister.
— Oh! maman!