— Et vous, vous êtes donc libre!»
En quelques mots précipités elles s'expliquèrent:
Rosalie, qui allait à Picquigny pour une commission pressée, ne pouvait pas rentrer chez sa grand'mère immédiatement comme elle l'aurait voulu, de façon à arranger pour le mieux la location du cabinet; mais puisque Perrine n'avait rien à faire de la journée, pourquoi ne l'accompagnerait-elle pas à Picquigny? elles reviendraient ensemble; ce serait une partie de plaisir.
Rapide à l'aller, cette partie de plaisir, une fois la commission faite, s'agrémenta si bien au retour de bavardages, de flâneries, de courses dans les prairies, de repos à l'ombre, qu'elles ne rentrèrent que le soir à Maraucourt; mais ce fut seulement en passant la barrière de sa grand'mère que Rosalie eut conscience de l'heure.
«Qu'est-ce que va dire tante Zénobie?
— Dame!
— Ma foi tant pis; je me suis bien amusée. Et vous?
— Si vous vous êtes amusée, vous qui avez avec qui vous entretenir toute la journée, pensez ce qu'a été notre promenade pour moi qui n'ai personne.
— C'est vrai tout de même.»
Heureusement la tante Zénobie était occupée à servir les pensionnaires, de sorte que l'arrangement se fit avec mère Françoise, ce qui permit qu'il se conclût assez promptement sans être trop dur: cinquante francs par mois pour deux repas par jour, douze francs pour un cabinet orné d'une petite glace avec une fenêtre et une table de toilette.