N'ayant rien à faire et n'osant occuper la place de Bendit, Perrine s'assit à côté de cette porte, et, pour passer le temps, elle lut des dictionnaires qui étaient les seuls livres composant la bibliothèque de ce bureau. À vrai dire, elle en eût mieux aimé d'autres, mais il fallut bien qu'elle se contentât de ceux-là, qui lui firent paraître les heures longues.

Enfin la cloche sonna le déjeuner, et elle fut une des premières à sortir; mais en chemin, elle fut rejointe par Fabry et Mombleux, qui, comme elle, se rendaient chez mère Françoise.

«Eh bien, mademoiselle, vous voilà donc notre camarade,» dit Mombleux, qui n'avait pas oublié son humiliation de Saint-Pipoy et voulait la faire payer à celle qui la lui avait infligée.

Elle fut un moment déconcertée par ces paroles dont elle sentit l'ironie, mais elle se remit vite:

«La vôtre non, monsieur, dit-elle doucement, mais celle de
Guillaume.»

Le ton de cette réplique plut sans doute à l'ingénieur, car se tournant vers Perrine il lui adressa un sourire qui était un encouragement en même temps qu'une approbation.

«Puisque vous remplacez Bendit, continua Mombleux, qui pour l'obstination n'était pas à moitié Picard.

— Dites que mademoiselle tient sa place, reprit Fabry.

— C'est la même chose.

— Pas du tout, car dans une dizaine, une quinzaine de jours, quand M. Bendit sera rétabli, il la reprendra cette place, ce qui ne serait pas arrivé, si mademoiselle ne s'était pas trouvée là pour la lui garder.