Le lendemain à l'heure fixée, comme tous les matins elle se trouva dans le hall, attendant M. Vulfran, et bientôt elle le vit paraître, marchant courbé, conduit par Bastien, qui, silencieusement fit un signe attristé pour dire que la nuit avait été mauvaise.
«Aurélie est-elle là?» demanda-t-il d'une voix altérée, dolente et faible comme celle d'un enfant malade.
Elle s'avança vivement:
«Me voilà, monsieur.
— Montons en voiture.»
Elle eût voulu l'interroger, mais elle n'osa pas; une fois assis en voiture, il s'affaissa et, la tête inclinée en avant, il ne prononça pas un mot.
Au bas du perron des bureaux, Talouel se tenait prêt à le recevoir et à l'aider à descendre; ce qu'il fit, obséquieusement:
«Je suppose que vous vous êtes senti assez fort pour venir, dit-il d'une voix compatissante qui contrastait avec l'éclat de ses yeux.
— Je ne me suis pas senti fort du tout; mais je suis venu parce que je devais venir.
— C'est ce que je voulais dire…»