Comme tous les aveugles, M. Vulfran savait se reconnaître la nuit, et depuis leur sortie du château il avait suivi son chemin comme avec ses yeux.

«Nous voilà devant Françoise, dit-il à un certain moment.

— C'est justement chez elle que nous allons. Maintenant, si vous le voulez bien, nous ne parlerons pas: par la main je vous guiderai. Je vous préviens cependant que nous aurons un escalier à monter, il est facile et droit; au haut de cet escalier j'ouvrirai une porte et nous entrerons; nous ne resterons là que ce que vous voudrez rester, une minute ou deux.

— Que veux-tu que je voie, puisque je ne vois pas?

— Vous n'avez pas besoin de voir.

— Alors pourquoi venir?

— Pour être venu. J'oubliais de vous dire qu'il importe peu que nous fassions du bruit en marchant.»

Les choses s'arrangèrent comme elle avait dit, et en arrivant dans la cour intérieure, un éclair lui montra l'entrée de l'escalier. Ils montèrent, et Perrine, ouvrant la porte dont elle avait parlé, attira doucement M. Vulfran et referma la porte.

Alors ils se trouvèrent enveloppés d'un air chaud, âcre, suffocant.

Une voix empâtée dit: