Perrine alla à la fenêtre: les pelouses et les allées étaient noires d'ouvriers endimanchés, d'hommes, de femmes, d'enfants au- dessus desquels flottaient des drapeaux, des bannières; et de cette foule de six à sept mille personnes entassées, et dont les masses se continuaient en dehors du parc dans le jardin du Cercle, la route, les prairies, s'élevait cette rumeur qui avait surpris M. Vulfran et détourné son attention du récit de Perrine, si grand qu'en fût l'intérêt.

«Qu'est-ce donc? répéta-t-il.

— C'est aujourd'hui ton anniversaire, dit-elle, et les ouvriers de toutes les usines ont décidé de le célébrer en te remerciant ainsi de ce que tu as fait pour eux.

— Ah! vraiment, ah! vraiment!»

Il vint à la fenêtre comme s'il pouvait les voir, mais il fut reconnu, et aussitôt courut de groupe en groupe une clameur qui en se propageant devint formidable.

«Mon Dieu! qu'ils pourraient être terribles s'ils étaient contre nous, murmura-t-il, sentant pour la première fois la force de ces masses qu'il commandait.

— Oui, mais ils sont avec nous parce que nous sommes avec eux.

— Et c'est à toi que cela est dû, petite-fille; qu'il y a loin d'aujourd'hui au service célébré à la mémoire de ton père dans notre église vide!

— Voici l'ordre de la cérémonie qui a été adopté par le conseil: je te conduirai sur le perron à deux heures précises; de là tu domineras la foule et tout le monde te verra; un ouvrier de chacun des villages où sont les usines montera sur le perron et, au nom de tous, le vieux père Gathoye t'adressera un petit discours.

À ce moment deux heures sonnèrent à la pendule.