— Qui veut me passer une pièce fausse. Vas-tu te sauver, voleuse, vagabonde. Attends un peu que j'appelle un sergent de ville.»

Perrine avait conscience de n'être pas une voleuse, bien qu'elle ne sût pas si sa pièce était bonne ou fausse; mais vagabonde elle l'était puisqu'elle n'avait ni domicile ni parents. Que répondrait-elle au sergent de ville? Comment se défendrait-elle, si on l'arrêtait? Que ferait-on d'elle?

Toutes ces questions lui traversèrent l'esprit avec la rapidité de l'éclair, cependant telle, était sa détresse qu'avant d'obéir à la peur qui commençait à la serrer à la gorge, elle pensa à sa pièce:

«Si vous ne voulez, pas me donner du pain, au moins rendez-moi ma pièce, dit-elle en étendant la main.

Pour que tu la passes ailleurs, n'est-ce pas? Je la garde, ta pièce. Si tu la veux, va chercher un sergent de ville, nous l'examinerons ensemble, En attendant, fiche-moi le camp et plus vite que ça, voleuse!»

Les cris de la boulangère qui s'entendaient de la rue avaient arrêté trois ou quatre passants et des propos s'échangeaient entre eux curieusement:

«Qu'est-ce que c'est?

— C'te fille qui a voulu forcer le tiroir de la boulangère.

— Elle marque mal.

— N'y a donc jamais de police quand on en a besoin?»