—Après tout, autant que tu l'apprennes de moi que d'un autre.
—Que j'apprenne quoi? demanda-t-elle en restant l'ébauchoir en l'air, en regardant son oncle.
—La nouvelle, la grande nouvelle qui concerne d'Unières... il se marie.
En prononçant ces mots, il tenait les yeux attachés sur elle, il la vit pâlir, le visage se contracta, elle ferma les yeux en chancelant, mais déjà il était près d'elle, et avant qu'elle s'abattît il la reçut dans ses bras.
—Oh! ma chère petite, s'écria-t-il, pardonne-moi, pardonne-moi.
En répétant ces deux mots, il l'avait portée sur un fauteuil où il l'avait allongée; elle ouvrit les yeux et regarda sans se rendre compte tout de suite de ce qui s'était passé.
—C'était un piège que je te tendais, dit-il; pardonne-moi de l'avoir employé. Il fallait bien t'amener à avouer ton amour....
—Oh! mon oncle, murmura-t-elle rouge de confusion!
—Il est trop tard pour reprendre ton aveu, et ce que je t'ai dit se trouve vrai, il se marie puisque tu l'aimes.
Elle avait baissé la tête pour cacher sa honte.